Général · 9 juin 2021 0

Ce que n’est pas une peur

Qu’est-ce que n’est pas une peur ? Intéressante question à se poser, surtout à mon sens lorsqu’on arrive à saisir la pleine véracité de sa réponse. Les peurs sont partout dans nos vies, et sont des rouages importants dans notre façon de voir les choses, et donc d’avancer dans nos parcours, et ce depuis l’enfance. Avant d’arriver à la réponse qui est le sujet de cet article, nous aborderons tout d’abord ce qu’est une peur, afin ensuite de comprendre ce que ce n’est pas.

Les peurs sont partout, et il est difficile de trouver quelqu’un qui n’aura véritablement aucune peur à faire face. Que celles-ci soient conscientisées ou non, elles sont nombreuses, et agissent constamment sur nos comportements. Tout d’abord, il est important de noter qu’une peur, quelqu’elle soit à du sens. A sa base, toute peur est un outil nécessaire à son propre développement, à condition d’en comprendre le sens. En effet, une peur est avant tout un signal, ou une information, que notre psyché invoque pour nous alerter de quelque chose. Il sera donc toujours utile, voire nécessaire, de prendre en compte ses peurs en sachant les identifier et par la suite tenter d’en saisir le sens.

Une peur est avant tout une information qu’il faut savoir identifier pour en déchiffrer le sens véritable.

Une des premières utilités d’une peur à son origine, comme cela est le cas chez l’animal, est de pouvoir nous alerter d’un danger immédiat qui nécessite une action immédiate pour s’en protéger. Ce type de peur, vous l’aurez compris, est à la base d’une gamme d’outils nécessaire à l’instinct de survie. Sa capacité a influencer l’organisme est issue de l’information qui nous fera mettre notre comportement en alerte face à l’objet de cette peur ; le danger immédiat. En fonction de la situation, ce comportement peut se traduire exactement comme on peut l’observer dans la nature avec le monde animal ; se figer, se cacher, se protéger, attaquer, fuir, etc.

Toutefois, contrairement à l’animal, l’Homme et son cerveau plus évolué détient une capacité que ceux-ci n’ont pas ; la capacité intrinsèque à pouvoir se construire des peurs, en dehors même de tout danger immédiat face à lui. Ainsi, l’Homme se voit en capacité de créer des peurs qui ne seraient qu’une perception erronée ou incomplète de sa réalité, mais qui au final peuvent tout de même occasionner les mêmes réactions comportementales que toute peur factuelle déclenchant l’instinct de survie. Mais pourquoi l’Homme peut-il créer ou alimenter ses propres peurs ? Quand on peut identifier certaines de ces peurs auto-construites, on remarquera que la capacité de l’Homme à avoir une notion du temps, passé et futur, en est très certainement la cause. En effet, beaucoup de nos peurs trouvent leur source soit dans une situation passée, soit dans une projection future, alors qu’aucun n’existe vraiment.

Toutefois le constat est là en chacun de nous ; nous sommes alimentés par nos peurs. Pour se rassurer, il est bon de reconnaître toutefois qu’une peur peut nous permettre d’en apprendre beaucoup sur nous-même, et savoir une fois identifiée, il sera très intéressant de se poser la question sur l’origine de telle ou telle peur. Généralement, avec un peu de recul sur soi-même, on pourra remarquer qu’inconsciemment certaines de nos peurs existent dans le but de nous équilibrer par rapport à des fantasmes ou désirs excessifs qui sont en nous. Par exemple, les peurs ressenties par des personnes timides ou introverties dans des interactions sociales peut illustrer leur désir intérieur excessif d’obtenir l’attention et/ou la reconnaissance, et de se sentir important pour les autres.

L’étude donc de l’origine d’une peur pourra nous aider à en déterminer la ou les causes, et de mettre au jour des traits de personnalité que nous gardons cacher ou qu’on ose pas s’avouer. Dans l’analyse des origines liées à ces peurs, on pourra par exemple souvent identifier une déconnexion avec nos valeurs profondes, un désaccord avec la période/le moment, ou bien une non compatibilité avec la bonne balance dans nos différents domaines de vie. L’objectif du travail sur l’identification des origines et causes liées à une peur est de pouvoir en prendre conscience afin de casser ou baisser les influences de ces causes, et ainsi dompter nos peurs.

Apprendre à lâcher le fantasme qui est la source de sa peur. Ceci ne veut pas dire de ne pas écouter ses peurs, au contraire, puisque c’est leur faire face qui nous permettra d’en saisir le sens, de les analyser et ainsi d’avancer sur le développement de soi afin de reprendre le contrôle. L’opportunité ici est d’apprendre à ne plus s’arrêter à chacune de ses peurs, mais de les transformer en capacité à aller plus loin avec soi, intérieurement dans un premier temps, extérieurement par la suite. Modifiez vos perceptions par rapport à ces peurs, voyez en les bénéfices et apprenez à les relativiser, car y faire face est ce qui vous donnera des ailes.

Le problème n’est pas la peur en elle-même, le problème est l’attente irréaliste que l’on se crée, qui ensuite alimente la peur.

Pour conclure et en revenir à la question sur ce qui ne définit pas une peur, et donc ce qu’elle n’est pas, je vous dirai qu’une peur n’est pas réelle, et se ne fonde sur rien de logique et véritable. Le passé n’existant plus, il n’y a donc pas de raison de continuer à donner du crédit à une peur issue de ce même passé. Quant à une peur projetée par rapport à l’avenir/futur qui n’est pas encore là, à quoi bon la nourrir par rapport à quelque chose qui n’existe pas encore. Seul le présent compte, et la seule peur utile qui peut donc persister dans une réalité est celle à même de nous sauver d’un danger réel et immédiat. En espérant que ceci pourra vous aider, et surtout à prendre du recul sur vos peurs qui ne font que vous limiter dans votre instant présent.